L’impact d’une collision

6/5/26

Blogue EMS

Comment un défibrillateur de 26 lb devient un projectile de 676 lb lors d’un accident

Les lois de la physique ne font aucun compromis lors d’un accident d’ambulance, et la plupart des intervenants préhospitaliers ne réalisent pas à quel point leur propre équipement peut devenir dangereux en une fraction de seconde.

Chaque année, plus de 6 000 accidents d’ambulance surviennent aux États-Unis. Ce chiffre est déjà préoccupant en soi. Toutefois, les blessures et les décès qui en résultent ne sont pas toujours causés par l’impact lui-même, mais souvent par l’équipement à l’intérieur du compartiment patient qui n’était pas correctement sécurisé.

Lors d’une collision frontale où une ambulance circulant à 30 mi/h s’immobilise brusquement, chaque objet non fixé à l’arrière peut voir son poids multiplié jusqu’à 26 fois. Un appareil médical pesant 26 lb ne se contente pas de tomber de son crochet, il devient une force de 676 lb projetée à pleine vitesse vers tout ce qui se trouve sur sa trajectoire.

Les calculs derrière ces chiffres

La force G est une mesure de l’accélération par rapport à la gravité terrestre. Selon les normes de sécurité SAE, un impact latéral génère une force de 26 G, soit l’équivalent des forces produites lorsqu’une ambulance de 10 000 lb et une voiture de 3 000 lb entrent en collision frontale alors qu’elles roulent chacune à 55 mi/h. Pendant cette fraction de seconde, chaque livre de masse non sécurisée exerce une force équivalente à 26 lb. Peu importe la taille ou le poids de l’objet.

La valeur de 26 G constitue la référence pour les impacts latéraux dans les normes SAE J2956 et J3043 relatives aux essais de collision des ambulances. Les essais de collision frontale utilisent quant à eux une vitesse de référence de 30 mi/h.

Même un simple sac de soluté intraveineux d’une livre exerce une force de 26 lb au moment de l’impact. Imaginez maintenant un transport de soins critiques entièrement équipé : plusieurs pompes à infusion fixées à une tige, un ventilateur sur la civière, des cylindres d’oxygène retenues par des sangles, un moniteur suspendu à un petit support derrière le patient. Chacun de ces équipements représente un risque important, mais surtout évitable, pour les intervenants et les patients.

Les pratiques qui créent ce risque

Le problème n’est pas un manque de rigueur de la part des équipes préhospitalières. C’est plutôt que la majorité des équipements n’ont jamais été conçus pour le transport. Les tiges à soluté, les pinces de fixation ou les sangles Velcro sont conçus pour maintenir l’équipement en place dans un environnement hospitalier, mais ne sont pas fabriqués pour résister aux forces générées lors d’un accident d’ambulance.

Avec l’évolution des transports de soins critiques, les équipes tentent de plus en plus d’intégrer l’équivalent d’une unité de soins intensifs miniature à l’intérieur d’une ambulance : huit pompes à perfusion sur une seule tige, des systèmes ECMO, des ventilateurs et bien d’autres appareils. L’instinct, particulièrement lors de transports de courte durée, est souvent de partir rapidement. Il n’est pas toujours possible de se demander si chaque appareil est réellement conçu pour le transport ou si la solution de fixation utilisée a été pensée pour résister aux conditions de la route.

Les normes

Les normes de la SAE, de la CAAS, de la NFPA et du Département de Sécurité Homeland convergent toutes vers la même définition de ce qu’est un transport sécuritaire. Les solutions qui respectent ces normes ne se contentent pas de réduire les risques : elles transforment la façon dont une intervention débute. Lorsque chaque dispositif possède un emplacement dédié et certifié pour résister aux collisions, les équipes l’utilisent naturellement, non pas parce qu’on leur demande de le faire, mais parce que cela améliore à la fois l’efficacité opérationnelle et l’ergonomie.